J’ai lu : Non, c’est non, par Irène Zeilinger

Et depuis je propage la bonne parole partout où je peux.

Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire

Permettez moi de vous dire tout le bien que je pense de ce bouquin.

Très simplement, pour moi, c’est la BASE du féminisme. S’il n’y en avait qu’un seul à garder, pour moi, ce serait lui. ?
En effet, ce petit bouquin réussit un vrai tour de force !

Il s’attaque à une question ardue, à l’origine de nombreux débats (euphémisme) : la sécurité des femmes.

Vaste sujet, sur lequel tout le monde a une opinion – la première étant bien sûr, qu’il faut arrêter de les agresser. Là-dessus, on est tous d’accord : si on arrêtait de se conduire comme des *** les uns envers les autres, pas besoin de cours d’autodéfense. Mais ça, c’est malheureusement pas pour tout de suite, alors en attendant des jours meilleurs, la réalité fait loi : apprendre à tenir ferme ses positions reste une compétence utile pour tous, et pour les femmes en particulier.

Il fait le tri entre les on-dit et la réalité du terrain.

Dans la culture populaire, une femme est rarement encouragée à se défendre et/ou se mettre en colère si elle en ressent le besoin. On croit généralement que ce genre de réponse empire les situations d’agression et qu’adopter une réaction passive permettrait d’éviter le pire. C’est pourquoi j’entends régulièrement des phrases du type « laisse, il va se calmer tout seul », ou « ne te fatigue pas à répondre, il n’en vaut pas la peine ». Chiffres statistiques à l’appui, l’auteure nous avance qu’au contraire, se défendre est UTILE. En effet, les femmes agressées qui se défendent ont moins de risques de se faire violer ensuite…

Le livre en profite ainsi pour tacler les croyances sexistes qu’on peut tous.tes avoir à différents niveaux : se mettre en colère n’est pas féminin, les femmes n’ont aucune force physique, dire clairement « non », c’est pas bien pour une femme… L’occasion d’une saine remise en question ?

Et avec tout ça, « Non c’est non » n’est pas culpabilisant.

Alors là chapeau ! Ce n’est pas un livre déprimant et injonctif, qui vous dira que si vous n’êtes pas une karatéka 12ème dan à 18 ans vous n’êtes rien et ne méritez même pas votre glace pistache-kiwi de l’été. En le lisant, j’ai vraiment eu l’impression de pouvoir me dire, ok, moi j’en suis à peu près par là, voilà deux trois idées à ma portée où je peux progresser pour apprendre à m’imposer.
L’idée est bien d’apprendre à réagir de façon proportionnée…

  • aux agressions ou micro agressions du quotidien, sans se changer en goule assoiffée de sang
  • à soi-même : c’est à NOUS de placer les limites selon notre ressenti et nos émotions.

Le petit manuel d’autodéfense est avant tout un livre concret, adapté au monde actuel

Il est loin des « yaka » et des « fokon ». Le nœud de l’autodéfense, c’est la confiance en soi : croire qu’on peut se défendre et avoir voix au chapitre, c’est la première étape et la plus importante de toutes ! C’est pour ça que le livre aborde les choses dans l’ordre : 1, le mental ; 2, le verbal ; 3, le physique. Tout est fait pour que la lectrice dispose d’outils pratiques pour contenir autant que possible les situations de violence (quitte à fuir bien entendu!).
Le tout sans oublier que, évidemment, la seule personne en tort dans une agression, c’est l’agresseur/se.

Lisez le, mes ami.es, lisez le ! Ce livre est bon pour votre santé !

Pour acheter le livre ou en savoir plus : voyez le site de l’éditeur, Zones ! Une version est aussi disponible gratuitement en ligne ici !

Image de une : mock-up Freepik & couverture de l’éditeur.

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